Les Urigines

U-Hist. Pour U-Histoire. U, cette lettre aux multiples sens, lettre pleine, lourde, ronde, haute mais pas fermée. U comme underground, l’antivaleur, la valeur d’en-bas, des sous-sols, des lieux troubles, des lieux interlopes. Une histoire autre, différente, l’alter-histoire qu’avaient nommée en son temps Daniel Milo et Alain Boureau  dans un petit livre un peu oublié. Ecrire l’histoire autrement, surtout l’écrire en l’abordant par la cave, par les humides soubassements. U comme U-Bahn ou U-Boot, ce qui circule sous le manteau terrestre, ici-bas. Les profondeurs, les abysses. Pas nécessairement l’enfer. Mais parfois on ne privera pas d’en entr’ouvrir la porte pour y jeter un oeil curieux, d’une malsaine curiosité.

Mais U aussi comme U-chronie, la reconstruction de l’Histoire, des murs rebâtis en quelques minutes pour voir, le passé reconstruit par jeu et par défi, la passé de l’historien réécrit -une forme d’U-topie aussi.

U-Histoire, l’histoire sur le fil, sur le fil du rasoir, au présent immédiat.

Aujourd’hui une collègue m’a frappé sur les doigts avec cet argument terrible: un historien, un vrai historien a besoin de temps pour faire de bons travaux. Il ne peut donc réagir à chaud. Ce qui est certain, c’est que mon U-Histoire, qui prend ses libertés avec le vrai monde, l’osera.

In principio

2013-11-12 21.06.43

Parait que les blogs ne sont plus à la mode sauf évidemment les « carnets de bord » sur Hypotheses, qui sont de toute façon le seul endroit où vous (vous) devez de publier si vous êtes scientifique SHS et que vous voulez publier sur le web. Alors forcément, moi, le rebelle de service, je crée un blog sur wordpress.

Ca fait longtemps que je n’ai plus rien écrit de personnel. Trop longtemps. Je vous passe sur l’égo-histoire et tout ça. Il paraît que c’est mal, d’écrire sur soi ou à propos de soi. Moi, j’adore ça. Ca me permet de voir plus clair en moi, comme si je disséquais ma vie en petits lambeaux sur une feuille de papier, la faisant passer de trois ou quatre dimensions à deux. Et puis je sens aussi, confusément, que ça peut servir à certains, dans comme hors de mon monde universitaire, de lire mes turpitudes –ou du moins ça peut leur plaire. Une impression, comme ça.

Je reste anonyme. Parce que, de la sorte, je peux écrire comme je veux et surtout parce qu’ainsi, de l’extérieur, je ne suis qu’une suite de mots, ce que je n’ai jamais cessé d’être depuis que je fais de la recherche, voici trop longtemps.